Aujourd’hui, l’équipe d’Easyjob est partie à la rencontre de Patrice Le Ray, fondateur et gérant de l’entreprise Kangourou Kids, partenaire de notre association. Il est revenu avec nous sur son parcours et son métier de chef d’entreprise et nous a livré des conseils pour les étudiants qui souhaitent faire du baby-sitting.

Pouvez-vous vous présenter et présenter votre parcours ?

Je suis chef d’entreprise depuis maintenant 15 ans. Au départ, j’ai fait des études en optique électronique et j’ai occupé un poste de développement pendant 7 ans chez Alcatel à Paris. À la suite de la délocalisation de nos services en Thaïlande, j’ai souhaité monter mon entreprise.

En 2004, je me suis lancé dans cette activité de garde d’enfants à domicile. J’ai réussi à monter un réseau de franchise avec 7 autres actionnaires. En 2012, je suis arrivé à Toulouse pour implanter notre activité et servir de relais pour développer des agences dans le sud-ouest.

Pouvez-vous nous en dire plus sur kangourou kids ?

Nos services reposent sur une offre auprès des particuliers :  la prise en charge de leurs enfants et la résolution de tous les problèmes de planning que peuvent avoir les parents pour concilier vie familiale et vie professionnelle. Donc on intervient essentiellement auprès de parents actifs qui ont besoin de trouver une organisation entre les horaires de l’école, de la crèche et leurs propres horaires professionnelles.

Quelles sont vos principales missions en tant que chef d’entreprise de Kangourou Kids ?

Mes missions sont d’une part, d’assurer que le service proposé aux familles soit bien pris en charge de façon à répondre aux attentes des familles. Ceci nécessite de confier à mes collaborateurs en agence des missions précises en termes d’encadrement et de recrutement de nos salariés afin d’assurer une qualité de service optimale. D’autre part, j’assure la gestion administrative (aides de la CAF, déductions fiscales, remplacement en cas de maladies,…) afin d’assurer un service clés en mains. Cela permet aux familles d’être rassurées car nous leur garantissons une sérénité complète.

Selon moi, ma mission finale est de confier à mes collaborateurs en agence les différentes tâches pour garantir ces objectifs. J’assure également la pérennisation de l’activité de l’entreprise par la communication, les outils de développement, la recherche de nouveaux clients, etc.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées au cours de votre parcours ?

En 2004, ce type de services n’étaient pas très développé, donc les partenaires bancaires ne voyaient pas de retour sur investissement à court terme. Souvent les banques ont besoin de se dire que dans 1 ou 2 ans on sera rentable. Il a fallu convaincre, ça n’a pas été simple mais ce qui m’a beaucoup aidé c’est que j’ai été élu sur un programme innovant. Ce programme innovant a été crée par une association qui aide la création d’entreprise et on a eu le droit à un prix d’honneur. Je suis allé voir 7 banques pour obtenir un prêt, ça a été le principal frein au démarrage. Cependant, le partenaire bancaire qui m’a finalement suivi a été mon premier client.

Aujourd’hui, le principal frein dans notre développement c’est le recrutement car on a du mal à trouver des personnes qui vont assurer une pérennité du service sur toute l’année scolaire. On trouve des personnes qui sont disponibles 15jours/3semaines, mais nous on recherche plus de stabilité parce que les familles ne confient pas leurs enfants et leur domicile comme ça. Donc on a des difficultés à recruter des personnes qui vont nous dire « ok, vous pouvez compter sur moi toute l’année scolaire ».

Quelles sont les qualités requises pour le métier de chef d’entreprise selon vous et à l’inverse les attitudes rédhibitoires ?

Je ne pense pas qu’il y ait de CV type. Il faut croire à fond en son projet ! Il faut avoir le sens de l’écoute parce qu’on peut aussi se leurrer en se disant que ça va marcher alors que ça ne marche pas. Il faut savoir prendre du recul de temps en temps pour se dire qu’on va dans la bonne direction. Il faut également savoir bien analyser les choses. Par exemple, quand on a installé l’entreprise à Lorient, j’ai commencé par faire des enquêtes terrains, je suis allé à la sortie des écoles interroger les parents pour leur demander si un tel service leur conviendrait. Finalement, j’ai compris que beaucoup de parents se débrouillaient difficilement. Il y a donc toute une étude à mener auparavant, il faut monter un business plan avec des indicateurs qui permettent d’avoir des preuves tangibles.

Une fois que le projet est lancé, il ne faut pas être feignant, il ne faut pas compter ses heures. Mais il faut aussi savoir s’entourer correctement et ça n’est pas évident. C’est important car aujourd’hui, avoir des points de vu extérieurs permet parfois de ne pas s’enfermer dans des incertitudes.

Il ne faut pas avoir peur du risque non plus, parce que même si on fait une bonne analyse, on a aucune garantie que cela va fonctionner, cela serait trop beau sinon. Si on a peur de l’échec il ne faut clairement pas y aller. Il faut se dire « j’y vais, je mise » ; c’est un peu comme au poker, il faut minimiser les risques au maximum mais il ne faut pas non plus les sous-estimer.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui aspirent à créer leur entreprise ?

Allez-y ! Il faut y aller, ce n’est pas forcément évident et je pense qu’en France l’esprit d’entreprendre est freiné par la peur de l’échec. Mais il faut y aller, pas n’importe comment, il faut bien construire son projet en amont. Quelqu’un qui a envie de monter une boite, tôt ou tard, il le fera, après il faut se dire que ça sera peut-être qu’une étape et qu’il faudra ensuite revenir dans le monde du salariat et il n’y a pas de honte à ça. Si on a des idées et qu’elles tiennent la route, il faut bien s’entourer, bien analyser les choses et y aller.

Votre agence recrute beaucoup d’étudiant pour des missions de baby-sitting, comment se déroule le processus de recrutement et à quels détails êtes-vous particulièrement attentif lorsque vous recrutez un étudiant ?

On a deux grandes catégories de paramètres pour juger la pertinence de la candidature : le savoir-faire et le savoir-être.

Pour le savoir-faire soit les profils l’ont, soit ils ne l’ont pas, et dans ce cas nous avons monté un centre de formation qui nous permet de donner les compétences nécessaires à la personne. Le savoir-faire, on peut toujours l’acquérir au fur et à mesure de la vie au sein de l’entreprise.
Pour le savoir-être, on va être sensible à des choses qui nous sont importantes par rapport aux missions que l’on confie. On va analyser l’attitude de la personne, vérifier si elle est à l’heure au rendez-vous et si elle fiable. Le savoir-être est primordiale parce que lors de la prise de contact avec les familles, c’est la première chose que les parents vont juger. Quelqu’un qui se présente au rendez-vous en retard pour une famille qui lui confie ses enfants, c’est quelque chose de rédhibitoire. Surtout que les parents vont se dire que c’est Kangourou Kids qui n’assure pas parce qu’ils envoient des candidats qui sont en retard.

Pour les étudiants, outre ces aspects qui nous semblent important c’est aussi la disponibilité de la personne et sa capacité à prendre des engagements qui sont nécessaires. On est confronté à des personnes qui signent des contrats sans vraiment savoir ce qu’elles signent. J’entends par là qu’elles vont dire qu’elles veulent travailler avec des enfants et au bout d’un mois et demi elles vont donner leur lettre de démission. C’est dramatique pour nous car les parents se disent que si on l’a recruté c’est qu’on a fait ces vérifications au préalable et puis derrière les parents se retrouvent sans mode de garde pour leur enfant, et on ne maitrise pas forcément ces choses-là. On ne peut pas demander à quelqu’un d’être disponible pour toujours mais sur la période convenue, on souhaite que ces engagements soient tenus. On sent que les étudiants sont heureux d’avoir trouvé un travail pour financer leur étude, mais dès que ça se complique un peu, on sent que la personne lâche, mais nous on ne peut pas se permettre cela parce que ce sont des enfants que l’on nous confie.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite effectuer une mission de babysitting avec votre agence ?

Considérer que c’est un vrai travail et avoir une attitude comme si la personne venait pour un travail de chargée de communication chez Airbus par exemple. On ne demande pas qu’il vienne en costume cravate mais on attend de lui que, lorsqu’il fait cette démarche de se porter candidat, il soit conscient que ce n’est pas pour deux mois. Si la personne n’est disponible que 2 mois, qu’elle le dise dès le départ et après on voit si c’est possible ou non. Il faut être dans une vraie démarche professionnelle avec des critères de savoir-être.

Pour finir, comment ces missions peuvent-elles être exploitées par les étudiants pour leur futur vie professionnelle ou pour leur recherche de stage actuelle ?

C’est très valorisant de dire « je me suis engagé auprès d’une agence de garde d’enfant, j’ai respecté mes engagements, je suis quelqu’un de fiable qui sait faire preuve d’autonomie et de réactivité ». Avec les enfants, il peut y avoir des situations où les parents ne sont pas joignables et la personne doit s’adapter. Ils peuvent donc mettre en avant des capacités à prendre des initiatives tout en étant responsable et fiable. Fiabilité, responsabilité et autonomie sont des compétences transverses et qui, quelle que soit l’activité que vous faites, sont recherchées par les recruteurs.

Easyjob