Aujourd’hui, l’équipe d’Easyjob est partie à la rencontre de Regis Colombani, fondateur et gérant de l’agence Py-Promocom, partenaire de notre association. Il est revenu avec nous sur son parcours et nous a livré ses conseils pour réussir dans le monde de l’entrepreneuriat.

 

Bonjour Regis, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Pouvez-vous vous présenter et nous présenter votre parcours ?

Je suis Regis Colombani, j’ai fait une maitrise à Science Po Toulouse. Par la suite j’ai travaillé 6 mois dans une agence de marketing opérationnel spécialisée dans l’animation commerciale. Je ne faisais que de l’animation commerciale et un peu de prestation hôte et hôtesse. Je m’occupais d’une région, j’avais un bureau à Toulouse. J’avais toujours voulu monter ma société donc j’ai quitté l’agence et j’ai monté mon entreprise, j’avais 25 ans à peine.

Qu’est ce qui vous a attiré dans le monde de l’entrepreneuriat ?

J’avais toujours voulu monter ma propre société depuis que j’étais ado. Pour moi, c’est vraiment quelque chose que l’on a en soi, on ne devient pas chef d’entreprise par hasard. Dans mon cas, je n’ai jamais voulu être salarié ni fonctionnaire, je voulais créer ma propre société.

Selon vous quelles sont les qualités requises pour ce métier ?

D’abord je pense qu’il faut y croire, il faut croire en soi. Ce n’est pas forcément évident mais il faut y croire. Il faut également être très travailleur, s’accrocher quand il y a des coups durs et ne pas baisser les bras. C’est très important. Je crois qu’avant tout il n’y a pas vraiment de secret, il faut travailler, avoir un bon projet et après il faut savoir bien s’entourer. Le problème de certaines personnes qui créent une société est que, trop souvent, ils veulent tout contrôler au sein de celle-ci. C’est une grosse erreur selon moi, il faut savoir déléguer, savoir bien s’entourer avec des personnes compétentes et leur faire confiance. C’est très important, on ne progresse pas tout seul, on progresse grâce aux autres, grâce aux personnes qui nous entourent et grâce à celles avec qui on a décidé de travailler. Il faut leur laisser de l’autonomie et leur faire confiance. De mon point de vue, on n’avance jamais tout seul quand on est chef d’entreprise.

De même quels sont les comportements et attitudes rédhibitoires ?

Etre autoritaire et tout contrôler. Avant tout c’est le signe d’un manque de confiance en soi. Comme je l’ai dit précédemment, il faut faire confiance à son équipe et la respecter. C’est primordial !

Quels sont été les difficultés que vous avez rencontrées ?

Cela a été les difficultés avec l’administration. Il faut savoir que je suis parti de zéro, quand j’ai créé ma société je n’avais aucun client, j’ai fait 200 000 francs de chiffre d’affaire la première année ce qui équivaut à 30 000 euros et l’année suivante on a fait 150 000 euros de chiffre d’affaire. Le problème que j’ai eu avec l’administration résulte du fait qu’on a grandi rapidement, on n’avait pas d’argent car on avait créé un SARL avec un capital de 50 000 francs soit 7500 euros et encore, on avait fait des apports en nature en mettant nos propres ordinateurs. On a été obligé de demander à l’administration un étalement des charges sociales sur un trimestre car on n’arrivait pas à les payer, on était payé à 90 jours donc c’était un peu tendu. Le banquier ne voulait pas faire de découvert car on était à notre deuxième année d’exercice et qu’on n’avait pas assez d’antériorité. On n’avait pas de garantie car on n’avait pas de bien immobilier donc les garanties bancaires étaient nulles… On nous a finalement accorder un étalement des charges mais avec pénalité de 20% pour un décalage de trésorerie, ce qui représentait une somme énorme.

Le deuxième type de problème que l’on peut avoir est que quand tout va bien les banquiers sont là mais quand ça commence à aller un peu moins bien les portes se ferment. Cependant, dans la vie d’une société vous avez des hauts et des bas, nous on a perdu de l’argent pendant 3 exercices sur 20, notamment avec la crise de 2007 qui fut une crise très violente. Je ne pense pas que les gens se rendent compte des conséquences de cette crise sur les entreprises. On a perdu 40% de chiffre d’affaire sur une année. Ce fut une année assez difficile et on n’a pas pu compter sur les banquiers. On peut s’appuyer sur eux quand tout va bien mais ensuite il faut se méfier. Moi j’avais un peu prévu les choses mais ça n’a pas été facile, on ne vous fait pas de cadeaux.

Quelle est la réussite dont vous êtes le plus fier ?

Je suis fier d’avoir lancé le segway dans tout le sud de la France, c’est nous qui avons inventé le système de parrainage publicitaire tout autour qui a été repris par la suite par d’autres. J’ai cru au segway et j’ai été un des premiers à y croire. On n’a pas eu tort car c’est un instrument fabuleux pour faire du street marketing et ça continue a bien marcher.

Quels sont vos conseils à donner pour les étudiants qui veulent créer leurs entreprises ?

Il faut y aller car il n’y a rien à perdre. Si vous avez ça en vous et que vous sentez que vous êtes fait pour ça il faut y aller. Après ce sera trop tard, il vaut mieux le tenter jeune, foncez !

Votre entreprise propose de nombreuses missions aux étudiants (street marketing, animation commerciales, hôtes …), selon vous, que peuvent-elles leurs apporter ?

Cela va leurs apporter beaucoup de chose. Avant tout ça va leur donner un premier contact avec le monde du travail. C’est d’autant plus important que les missions sont très diverses. Vous pouvez très bien gérer une mission comme hôte dans une grande chaine de parfumerie aujourd’hui et la semaine d’après, faire une animation commerciale pour un grand groupe ou une petite société. Vous allez apprendre le contact avec les gens, le client et le milieu du travail. C’est extrêmement diversifié. Ce sont des expériences très intéressantes. Il faut se confronter au monde du travail, il faut en avoir une idée. Il ne faut pas rester dans la théorie, il faut aussi aller dans la pratique. Evidemment il y a des stages pour ça mais en travaillant pour des sociétés qui font du street marketing et du marketing opérationnel vous aurez une diversité extrêmement intéressante, vous aller voir différentes marques, différents produits. Cela est très enrichissant et vous apportera beaucoup.

Comment ces missions peuvent être exploitée dans un CV ou lors dans entretien ?

Je pense qu’il faut impérativement mettre que vous avez fait des missions en street marketing car pour un employeur c’est important de voir que pendant vos études vous avez travaillé vos cours mais que vous avez aussi eu des expériences professionnelles, que vous avez voulu être autonome, ça prouve également que vous êtes curieux et travailleur. C’est un plus dans le CV de mettre que pendant vos études vous avez travaillé dans des agences de street marketing, que vous êtes intervenu sur de gros évènements et que vous avez représenté des grandes marques. C’est un plus indéniable dans votre CV contrairement à un étudiant qui n’aura pas fait ces missions.

Easyjob